Reprise d’entreprise : les pièges à éviter

Vous souhaitez reprendre une entreprise ? Si cette solution semble plus simple que de créer votre propre société, nombreuses sont les difficultés avant d’en être officiellement à la tête. Pas de panique, voici quelques questions à vous poser en amont pour les éviter.

Reprise d’entreprise : avez-vous le profil d’un entrepreneur ?
Avant de vous lancer, faites un bilan de vos compétences. Pour reprendre une entreprise, vous devez savoir faire beaucoup de choses. Serez-vous capable d’investir, de compter, de manager, de gérer les clients, les fournisseurs…

Vous ne pouvez pas vous improviser chef d’entreprise. Dans l’idéal, vous devez avoir déjà occupé un poste de responsabilité similaire. Cette reprise devra être très réfléchie car vous devrez ensuite convaincre un banquier, un investisseur ou un cédant.

Enfin, comprenez bien que vous prenez des risques. Il vous faudra les assumer sans pouvoir faire machine arrière à la première contrariété ou peur irraisonnée de l’avenir. « Je pensais que je m’en sortirais avec la reprise de ce restaurant. J’étais tellement exaltée et l’affaire tournait bien ! Puis, mon fils est tombé malade. Toutes les responsabilités pesaient, tout à coup, un poids écrasant. Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout. Je l’ai revendu », témoigne Carole, anciennement à la tête du Bouchon de Margaux, à Lyon.

Reprise d’entreprise : connaissez-vous votre secteur ?

Vous ne connaissez pas le métier ni le secteur d’activité de l’entreprise que vous souhaitez reprendre ? Votre tâche ne va pas être des plus aisées. D’abord, vous risquez de ne pas comprendre les clients ou les attentes du marché. Ensuite, votre crédibilité auprès des fournisseurs et des clients peut en souffrir.
Par ailleurs, les banques ne se montrent guère enthousiastes face à un repreneur qui se tourne vers un secteur d’activité totalement différent de celui dans lequel il évoluait auparavant.

Vous devez être un excellent manager. Vos capacités d’adaptation doivent être importantes. Vous devez entre autres intégrer les particularités de l’entreprise que vous reprenez. C’est-à-dire disposer de repères dans le métier de l’entreprise et connaître au moins les produits, les fournisseurs et les clients.

Reprise d’entreprise : faites un bon diagnostic

Une entreprise ne s’achète pas comme un kilo de tomates.. Vous devez prendre le temps d’analyser le bien. Si vous réalisez une mauvaise évaluation de l’entreprise ou surestimez son potentiel de développement, la reprise risque de vous coûter très cher.
Lors de l’étude de marché, vous devez prendre le temps de mener une enquête la plus complète possible. Votre mission : savoir diagnostiquer les forces et les faiblesses de l’entreprise. Intéressez-vous à sa position dans son secteur, l’état de santé du marché, les compétences-clefs dont elle a besoin pour tourner, son potentiel de développement…

« Lorsque j’ai investi dans mon entreprise en 2010, je n’ai pas anticipé les besoins de la production. À peine deux mois après la reprise, une machine m’a lâché : elle n’était plus aux normes… « , témoigne Robert Ducret, repreneur d’une usine d’emballages de jeux vidéo.

Projetez vous dans l’avenir et tenez compte du contexte économique et des évolutions technologiques.

Vous devez également faire signer une clause de non-concurrence au cédant et exiger des garanties de passif.

Reprise d’entreprise : avez-vous des fonds ?

S’il est connu que les banques prêtent davantage aux repreneurs qu’aux créateurs d’entreprise, aucun banquier ne prête sur la foi de la motivation et d’un curriculum vitae. Ne venez donc pas les mains vides si vous n’avez même pas le soutien d’un ou de plusieurs partenaire(s) financier(s).

Disposez de garanties. Détenez au moins 50 % du montant de la reprise en apport personnel. Ne mobilisez pas non plus tous vos fonds personnels dans la transaction… Pensez à l’après et aux dépenses que vous devrez faire dans votre nouvelle entreprise.
Catherine MB

Camille CotonnecReprise d’entreprise : les pièges à éviter