Ma petite entreprise normande ne connaît plus la crise…

En 2009, la crise était déjà là pour Huet & Havard Ingénierie, et l’avenir était incertain. Bruno Huet, dirigeant, économiste de la construction et du bâtiment a fait face. Plus serein, mais sans baisser la garde, il nous fait part des valeurs et convictions inébranlables sur lesquelles il s’est appuyé pour tenir le cap.

Associé au cabinet en 2002, Bruno Huet a repris l’activité en 2007. Entre 2002 et 2007, l’activité a doublé. Fin 2007, les prémices de la crise ! Dans l’activité logement, les promoteurs n’arrivent plus à vendre leurs projets. Le temps de comprendre ce qui se passe, la situation empire pour l’entreprise. Cela se traduit entre novembre 2008 et avril 2009 par un arrêt complet des commandes, cinq mois sans activité. “Notre chiffre d’affaires a baissé de 35 % en 2009, nous avons connu l’année la plus difficile en 13 ans, même si nous avons dégagé un très faible résultat, j’ai cru que nous allions passer à la trappe”, dit Bruno Huet, avec à l’époque un sentiment d’impuissance car son cadre de référence était basé sur la croissance, l’embauche, avec un pilotage et des outils prévus pour. “Ce nouveau cadre de décroissance, nous l’avons vécu trois années de suite. 2010 : 469 k€ de CA, 2011 : 485 k€, 2012 : 470 k€ et c’est seulement depuis 2013 que nous connaissons à nouveau une croissance, 2013 : 490 k€, 2014 : 495 k€, 2015 : 520 k€”, confie Bruno.
Valeurs et convictions pour faire face à bien y réfléchir, qui aurait envie d’être dirigeant et de connaître cette situation en période de crise ? Et pourtant, Bruno Huet, dans un environnement économique non favorable a relevé le défi quotidien de redresser et de maintenir son entreprise, toujours avec l’espoir de connaître des jours meilleurs. “Le quotidien du dirigeant ressemble finalement à une succession d’urgences que la crise accentue en venant aggraver les problématiques de trésorerie, de motivation du personnel et de performance commerciale…”, précise-t-il.

Une gestion rigoureuse au centre de toutes les inquiétudes “Le contexte a fragilisé l’entreprise au niveau financier, nous avons serré tous les boulons, ma femme Agnès a été vigilante sur tout ! Elle a renégocié tous les contrats”, explique Bruno. La situation financière de l’entreprise se dégradant et devenant préoccupante, elle a eu aussi une conséquence directe sur le chef d’entreprise. “Cette période fut aussi l’objet de sacrifices personnels et privés, au niveau familial, nous avons dû différer des projets personnels pour garder de la trésorerie, au cas où…”, confie Bruno.
De la reconnaissance pour garder la motivation des collaborateurs “L’inquiétude de mes collaborateurs est à mettre en parallèle avec la dégradation de l’activité de l’entreprise. Ils ont ressenti des secousses”. En effet, en période de crise, le premier réflexe des collaborateurs est la crainte, la peur de perdre son emploi. “La raison aurait voulu que je licencie, mais aujourd’hui, je suis fier d’avoir gardé tout le monde et je suis surtout fier de l’implication, du soutien de mon équipe. Cette période a permis de développer une cohérence et une cohésion au sein de l’équipe, pour résister ensemble. Et maintenant que l’activité repart, je prévois une embauche pour éviter un stress supplémentaire et passer à un stress positif”, analyse Bruno.

Qualité et professionnalisme “J’aurais pu être tenté de baisser la qualité de nos prestations pour capter ou encore garder des clients ; mais j’ai continué à me centrer sur leur satisfaction dans la durée, même
si l’avenir était incertain, toujours en les écoutant afin d’apporter un conseil, une solution adaptée à chacun de leurs besoins”. L’exigence, la volonté de donner le meilleur de soi-même, le professionnalisme collectif
et individuel ont aussi permis à Huet & Havard Ingénierie de se créer un réseau d’apporteurs d’affaires pour sortir de la crise. “Nos prévisions pour 2016 sont optimistes, avec un planning chargé. C’est la première année depuis 2008 que je ne vais pas courir après mon chiffre d’affaires ; avoir le stress quotidien à me demander “ça passe ou ça casse ?” et enfin je vais avoir une visibilité digne de ce nom”, confie avec un air satisfait Bruno Huet.

 

Christophe Delestre
Directeur communication Cerfrance Seine Normandie

Camille CotonnecMa petite entreprise normande ne connaît plus la crise…