L’humain au cœur du projet sociétaire

LE CHOIX DU VIVRE (ET TRAVAILLER) ENSEMBLE

Les installations dans un cadre sociétaire sont aujourd’hui largement plus nombreuses que les projets individuels. Que ce soit pour des raisons économiques, pour limiter les astreintes, pour partager les décisions… Les raisons de choisir la société sont nombreuses tant celle-ci présente des atouts. Ce choix comporte un enjeu supplémentaire de taille : la qualité de la relation entre les associés.

LA COHÉSION DU GROUPE : UNE CONDITION DE LA RÉUSSITE

Si la relation entre les associés peut être un puissant moteur, elle peut aussi devenir un réel consommateur d’énergie. Si celle-ci se détériore de manière irrémédiable, c’est tout le projet qui sera remis en cause.
Dans toute entreprise, individuelle ou sociétaire, l’humain est le premier facteur de réussite. Dans un projet collectif, c’est la cohésion du groupe qui fera sa force. La cohésion n’est jamais acquise, elle est à construire chaque jour. En effet, chaque membre du groupe reste un individu, animé de ses propres désirs et besoins. Il faudra sans cesse rechercher l’équilibre entre l’intérêt du groupe et la satisfaction.
des attentes individuelles. Chacun doit donc avoir le souci des attentes et besoins de ses co-équipiers, en plus de ses propres souhaits. Enfin, pour assurer la cohésion de l’équipe, chaque membre doit accepter son interdépendance aux autres. Construire le groupe est donc un vrai travail auquel il faut penser dès le début et durant toute sa vie, dans l’intérêt de chacun.

 

LA QUALITÉ DE LA RELATION ENTRE ASSOCIÉS : UN ENJEU DE TAILLE

La qualité de la relation entre associés : un enjeu de taille - CERFRANCE

Chaque membre du groupe reste un individu, animé de ses propres désirs et besoins. Il faudra sans cesse rechercher l’équilibre entre l’intérêt du groupe et la satisfaction.

 

CONSTRUIRE LE GROUPE : MODE D’EMPLOI

  • Vérifier la cohérence entre l’objectif du groupe et les objectifs individuels

Le projet du groupe doit être cohérent face aux objectifs individuels de ses membres. Ceux-ci doivent donc être clairement exprimés et connus de tous. Vous choisissez l’association parce que celle-ci vous semble le meilleur moyen de tendre vers votre objectif de vie. Il est important de prendre le temps pour un peu d’introspection : qu’est-ce qui me motive dans ce projet ? Que vais-je y gagner personnellement ? Que suis-je
prêt à y perdre ? Puis vient le temps de partager les réponses à ces questions au sein du groupe. Alors vous pourrez ensemble fixer un objectif commun cohérent.

  • Se connaître, évaluer sa “compatibilité”

Avec qui vais-je travailler ? Quelles sont ses valeurs, ses envies, ses modes de fonctionnement ? Dans cette découverte de l’autre et de ses valeurs, il est important de ne pas rester sur un échange autour des
concepts. Aborder des points très concrets permettra, par exemple, de comprendre quelle est la “vision du métier” de son futur associé. Argent, temps de travail, mode de gouvernance, place des membres externes
au groupe (famille…), investissements… Tous les sujets doivent être abordés.
Cette étape doit aussi permettre de découvrir davantage les différentes personnalités qui composent le groupe afin de construire la complémentarité au sein du collectif. À la lumière de tout cela, le groupe pourra définir ses règles de fonctionnement et trouver sa propre ambiance, son énergie.

  • Partager la vision long terme de l’exploitation

Il s’agit d’un travail de projection où chacun exprime sa façon de voir l’avenir commun. C’est l’occasion de valider le cap à garder en ligne de mire en cas de turbulences. Ce travail servira de socle pour construire le plan d’action. À chaque étape, se faire accompagner par un professionnel peut s’avérer très utile.

  • Organiser le fonctionnement du groupe

C’est lorsque tout va bien, que vous êtes dans l’énergie de ce projet naissant, qu’il est important de fixer les règlesqui régiront le groupe à sa naissance, durant sa vie mais aussi dans des situations exceptionnelles (décès d’un associé, désaccord…). Les statuts décrivent l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les associés et aussi à l’égard des tiers. Ils constituent en quelque sorte un contrat entre les associés. Apports, capital de chacun, partage du résultat, conditions de sortie des associés… La maîtrise et la validation de tous ces enjeux permettent d’éviter des difficultés ultérieures.
Le règlement intérieur établit quant à lui les modalités de fonctionnement concrètes de la société. Il organise notamment :

  • le travail : qui fait quoi ? Comment ?
  • les astreintes et congés
  • le partage des responsabilités
  • la prise de décision : jusqu’où le responsable d’un atelier agit-il en autonomie ? À partir de quel moment, la décision revient-elle au groupe ?
  • la communication : rythme et modalités des réunions…

La rédaction de ces documents apparaît trop souvent comme fastidieuse ou difficile. Elle est parfois vue comme un pur formalisme, ce qui n’est pas le cas. Il est donc indispensable de s’impliquer dans cette phase qui construit la vie future du groupe. Contrairement aux statuts, le règlement intérieur pourra être modifié en assemblée générale. Il sera donc important de le faire vivre au gré de l’évolution de la société et des
individus qui la composent.

  • Faire vivre le groupe : toujours communiquer

Parce qu’en matière de relation humaine, rien n’est jamais acquis définitivement, le groupe doit veiller constamment à entretenir l’harmonie en son sein.
Pour cela, deux règles d’or

  • 1 > Communiquer

ce qui implique un double engagement des personnes :
s’exprimer et savoir écouter. Le groupe devra veiller à favoriser la communication en ménageant des temps dédiés : assemblées générales, réunions hebdomadaires, pause-café quotidienne…
On ne le dira jamais assez, la communication est pour le groupe ce que la nourriture est pour le corps. Toute grève de la faim laisse des séquelles !

  • 2 > Laisser une place au changement

dans les relations avec l’autre : parce qu’un groupe est composé d’individus, rien ne sera jamais linéaire et acquis pour toujours. Parce ce que la vie n’est pas “un long fleuve tranquille”, les évolutions
personnelles ou familiales, les expériences diverses et variées impacteront nécessairement la vie de la société.
Ces transitions constituent des périodes charnières qui peuvent participer à renforcer le groupe et l’amener à trouver une nouvelle dynamique… Si on le veut bien.

 

Camille CotonnecL’humain au cœur du projet sociétaire