Faire bouger les limites pour se développer

Embaucher, diversifier son activité, acquérir un nouvel établissement… Se développer constitue pour une entreprise un véritable enjeu mais aussi le risque de se perdre et de disparaître. Voici quelques clés pour aiguiller votre réflexion.

Se développer, une évolution organisée : 

Dans une période économique où les retournements de situation sont de plus en plus rapides, les plus petites entreprises, dès lors qu’elles ne sont pas sur un marché de proximité ou de niche, peuvent disparaître du jour au lendemain. En ce sens, le développement pourrait constituer un filet de sécurité, en permettant aux entreprises de réaliser des économies d’échelle en abaissant les coûts de revient, de différencier leurs produits afin de conquérir un marché plus vaste ou encore d’organiser des process de réalisation permettant une qualité de travail homogène sur l’ensemble des segments de production. Mais est-ce toujours le cas ?

Tout d’abord, le développement ne peut se faire sous contrainte. Si l’on veut pleinement le réaliser, encore faut-il le vouloir afin de mettre tout son énergie au service de son projet. Sans ce “supplément d’âme”, la réussite est compromise.

Il est nécessaire, dans un deuxième temps, de réaliser un scénario le plus réaliste possible reposant sur la vision que peut avoir l’entrepreneur de son entreprise à l’horizon de 5 ou 10 ans. Grâce à cette mise en perspective, il pourra se concentrer sur les principaux axes que nous allons détailler.

1/ Evolution de mon environnement

L’évolution économique aborde l’approche des nouvelles technologies, les nouvelles attentes des clients, l’analyse de la filière et de ses phénomènes de concentration ou de dislocation. Le volet géographique est centré sur les opportunités ou les contraintes de son emplacement.

2/ Evolution de mon organisation

Comment pourrais-je faire évoluer mon organisation interne pour me dégager progressivement des tâches de production ? Cette question revêt toute son importance lorsque le chef d’entreprise souhaite la rendre durable, la développer ou envisage, à terme, de la transmettre. Apprendre à déléguer pour se recentrer sur le projet de développement, savoir s’entourer afin que le travail quotidien soit maîtrisé par ses équipes, bref, diriger les ressources humaines de l’entreprise pour se dégager le temps nécessaire à la prise de recul. Ainsi, le chef d’entreprise pourra prioritairement travailler sur le projet, les coûts de production, la qualité de services, les conditions de travail…

3/ Evolution de ma performance économique

Construire un scénario à 5 ans ou 10 ans, c’est également imaginer un modèle économique au sein duquel l’entreprise dégagera des résultats et disposera d’une sécurité financière conforme aux attentes.

4/ Evolution de ma situation personnelle

Avant de se lancer, l’entrepreneur répondra, au préalable, à la question : “Que vais-je gagner à titre personnel dans ce nouveau schéma ? Les axes de réponses reposeront sur l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des revenus, la constitution et la protection d’un patrimoine ou, peut-être, des approches plus diffuses : fierté de la réussite, originalité du projet… Le chef d’entreprise doit faire une évaluation interne la plus réaliste possible pour être convaincu que le développement envisagé ira dans le sens de ses objectifs personnels profonds.

Les moyens de ses ambitions :

Se développer c’est, bien entendu, tenir compte de la situation actuelle. Tout projet, aussi performant soit-il, ne pourra pas être mis en oeuvre que, si, au préalable, l’entreprise se trouve dans une situation saine. Au risque, dans le cas contraire, de développer le syndrome de la “fuite en avant”. L’entrepreneur vérifiera, en premier, dans son diagnostic interne, l’aptitude de l’entreprise à réaliser le projet.

 

Pauline EtardFaire bouger les limites pour se développer